
En Abitibi, l’hiver, c’est pas une saison qu’on subit. C’est une saison qu’on apprivoise. Quand le mercure descend à -35°C un mardi matin et que les enfants ont l’école, on n’a pas le choix : le char doit partir. Pas de négociation, pas d’excuse.
Chez Garage Tardif à Amos, on voit chaque automne défiler des clients qui ont attendu trop longtemps avant de préparer leur véhicule. Résultat : une batterie à plat, des pneus d’été encore montés en novembre, ou une trousse d’urgence vide. Pourtant, avec un peu de préparation, l’hiver abitibien se gère très bien. Voici tout ce qu’il faut savoir pour rouler en sécurité de novembre à avril.
La règle numéro un, c’est de ralentir. Même si vous avez un bon VUS AWD et les meilleurs pneus d’hiver du marché, la physique reste la physique. Sur une surface glacée, la distance de freinage peut tripler par rapport à l’asphalte sec. C’est donc important d’anticiper beaucoup plus tôt qu’en été.
Ensuite, il faut apprendre à lire la route. Les plaques de verglas se cachent souvent dans les zones ombragées, sous les viaducs et au bas des côtes. En conséquence, gardez toujours une distance de sécurité généreuse avec le véhicule devant vous. Une surprise de leur part devient vite une catastrophe pour vous si vous êtes trop proche.
Dans les virages, réduisez votre vitesse avant d’entrer, pas pendant. Les mouvements brusques du volant provoquent du sous-virage ou du survirage selon votre type de traction. Par ailleurs, si votre véhicule est équipé de l’ABS, gardez une pression constante sur la pédale de frein. L’ABS fait le travail pour vous. Ne pompez surtout pas.
Beaucoup de gens pensent qu’un AWD règle tous les problèmes. En réalité, la traction intégrale aide au démarrage et en neige profonde, mais elle ne réduit pas la distance de freinage. Autrement dit, un AWD sans bons pneus d’hiver sera moins sécuritaire qu’une traction avant bien chaussée.
C’est pourquoi on insiste toujours là-dessus chez Tardif GM : les pneus, c’est le premier investissement à faire, avant même de penser à changer de véhicule. D’ailleurs, si vous avez besoin d’un changement de pneus, c’est par ici.
Chaque automne, avant les premières vraies frettes, voici ce qu’il faut vérifier.
D’abord, les pneus. Assurez-vous qu’ils portent le symbole montagne-flocon (M+S ne suffit plus). La profondeur de la sculpture doit être d’au moins 4,8 mm. En dessous, l’adhérence sur neige fraîche chute drastiquement.
Ensuite, la batterie. Une batterie qui lâche, c’est souvent une batterie qui avait déjà des signes de faiblesse à l’automne. Si elle a plus de quatre ou cinq ans, faites-la tester. C’est gratuit chez nous, et ça évite bien des mauvaises surprises à -30°C.
Vérifiez aussi le liquide de refroidissement. Il doit être conçu pour résister à au moins -35°C ou -40°C. Un liquide qui gèle dans le bloc moteur, c’est une réparation très coûteuse qu’on peut facilement éviter. De plus, pensez à changer vos essuie-glaces pour des modèles hiver. Ils sont plus robustes et nettoient mieux par grand froid. Finalement, regardez l’état de vos freins. Si vous êtes proches de la limite d’usure, c’est le bon moment pour les changer.
En dessous de -25°C, le block heater (chauffe-moteur) passe du statut « pratique » à « essentiel ». Il garde le liquide de refroidissement au chaud toute la nuit, ce qui facilite le démarrage, réduit l’usure du moteur et chauffe l’habitacle beaucoup plus vite.
La plupart des véhicules vendus ici en sont déjà équipés. Si c’est pas votre cas, on peut l’installer. Le principe est simple : vous branchez votre char le soir comme votre téléphone, et le matin, il est prêt à partir.
Pour le temps de chauffe, sachez que 30 à 60 secondes de ralenti après le démarrage suffisent pour une bonne lubrification. Inutile de laisser tourner le moteur pendant dix minutes. Roulez plutôt doucement les premiers kilomètres. C’est ainsi que tous les fluides se réchauffent correctement, y compris la transmission et le différentiel.
Quand le thermomètre affiche -38°C, chaque détail compte. Avant de tourner la clé, coupez les accessoires qui tirent sur la batterie : radio, ventilation, phares. Ainsi, toute l’énergie disponible va au démarreur.
Si le moteur ne part pas du premier coup, attendez 30 à 60 secondes avant de réessayer. Forcer le démarreur en répétant les tentatives trop rapidement risque de le surchauffer.
Pour les serrures gelées, gardez votre dégivrant sur vous, pas dans le coffre. C’est une erreur classique. Pour le pare-brise givré, utilisez votre grattoir et laissez le dégivrage arrière et avant faire leur travail. Évitez absolument l’eau bouillante sur le pare-brise. La différence de température peut fissurer le verre instantanément.
Consultez toujours Québec 511 avant un long trajet. Les conditions peuvent changer vite sur la 117 ou la 109. De plus, informez quelqu’un de votre itinéraire et de votre heure d’arrivée prévue, surtout si vous prenez des routes secondaires ou que vous montez vers le nord.
Gardez votre réservoir à au moins la moitié. En cas de pépin dans un secteur isolé, avoir du carburant permet de faire tourner le moteur pour se chauffer en attendant les secours.
C’est pas optionnel en Abitibi. Une bonne trousse devrait contenir une couverture chaude ou un sac de couchage, des vêtements supplémentaires et des gants de rechange, une pelle pliable et des câbles de démarrage, une lampe de poche avec des piles neuves, du sable ou du sel pour se sortir d’un banc de neige, des barres énergétiques et de l’eau, ainsi qu’un grattoir de rechange.
On le répète chaque année, et pourtant on voit encore des gens qui n’ont rien dans le coffre. En Abitibi, une tempête peut vous immobiliser sur la route 109 pendant des heures. Préparez-vous en conséquence.
Lors d’une tempête, allumez vos phares même en plein jour. Ainsi, les autres conducteurs vous voient mieux. Évitez les dépassements inutiles, car une rafale peut réduire la visibilité à zéro en quelques secondes. Si les conditions deviennent vraiment dangereuses, trouvez un stationnement sécuritaire pour vous arrêter. Ne vous immobilisez jamais sur l’accotement seulement.
Les pneus cloutés sont autorisés au Québec du 15 octobre au 1er mai pour les véhicules de moins de 3 000 kg (source: www.quebec.ca). Ils offrent une adhérence supérieure sur glace vive et un freinage plus court dans ces conditions. Toutefois, ils font plus de bruit et usent davantage la chaussée. Pour la majorité des usages en ville ou sur routes entretenues, un bon pneu d’hiver sans clous est suffisant.
Voilà un point que beaucoup de gens négligent. Par temps froid, la pression des pneus baisse d’environ 1 PSI pour chaque chute de 5 à 6°C. Donc entre l’automne et le coeur de l’hiver, vous pouvez perdre plusieurs PSI sans vous en rendre compte.
Vérifiez votre pression une fois par mois. Vous trouverez la pression recommandée sur l’autocollant à l’intérieur de la portière conducteur. Un pneu sous-gonflé consomme plus d’essence, s’use plus vite et tient moins bien la route.
Certains choisissent de remiser un véhicule (souvent une Corvette ou un véhicule de collection) pendant les mois d’hiver. Voici comment bien le faire.
Commencez par un nettoyage complet, intérieur et extérieur. On peut vous aider pour ça. La saleté et l’humidité accélèrent la corrosion. Appliquez ensuite une cire ou un scellant sous la carrosserie. Faites le plein de carburant pour réduire la condensation à l’intérieur du réservoir, et ajoutez un stabilisateur si l’arrêt dure plus de deux ou trois mois. Débranchez la batterie ou connectez un mainteneur de charge. Finalement, gonflez les pneus 2 à 3 PSI au-dessus de la normale pour éviter les zones plates après plusieurs semaines d’immobilité.
Pour empêcher vos portières de geler, appliquez un lubrifiant à base de silicone sur les joints de portes à l’automne. Quand vous faites un lavage d’auto en hiver, essuyez l’eau autour des joints avant de rentrer au garage. Autrement, elle gèle et votre portière reste coincée le lendemain matin.
Pour ce qui est du couvre-radiateur, il peut aider à réchauffer le moteur plus rapidement par grand froid. Par contre, ne bloquez jamais complètement la calandre, car le moteur a quand même besoin d’air pour se refroidir. Surveillez votre jauge de température, surtout lors des trajets sur autoroute.
Finalement, le meilleur équipement hivernal, c’est un véhicule adapté à notre réalité. Un VUS AWD comme le Chevrolet Equinox ou le GMC Terrain offre une garde au sol adéquate et une motricité bien gérée par des systèmes électroniques très réactifs en 2026. Pour les routes plus exigeantes ou le remorquage hivernal, le Sierra AT4 ou le Silverado Trail Boss sont taillés pour ça.
Cela dit, peu importe le véhicule, rappelez-vous que les pneus restent la variable la plus importante. On ne le dira jamais assez chez Garage Tardif : investissez dans de bonnes gommes avant tout. C’est le seul vrai contact entre vous et la glace noire.
L’hiver abitibien peut sembler intimidant pour les non-initiés. Pourtant, avec les bons préparatifs, il se gère très bien. En résumé : vérifiez vos pneus, testez votre batterie, remplissez votre trousse d’urgence et adaptez votre conduite aux conditions. Ce sont des gestes simples qui peuvent faire une immense différence.
Si vous avez des doutes sur l’état de votre véhicule avant l’hiver, passez nous voir au garage. On va faire le tour avec vous, sans pression, et s’assurer que vous êtes prêts pour les mois qui s’en viennent.
L’équipe de Garage Tardif vous attend au 1222 Route 111 Est, à Amos.